Atout Sport handball, luxation de l'épaule, instabilité chronique, conflit sous-acromial
Le Handball
Les origines du handball remontent à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. En Tchécoslovaquie, Josef Klenker fait connaître vers 1890 un jeu nommé hazena ; en 1904, au Danemark, Holger Nielsen diffuse le jeu de handbold. Mais les créateurs du jeu de handball moderne sont les Allemands : en 1919, Karl Schellenz adapte les règles du torball (" balle au but "), sport uniquement féminin, et crée le handball à onze, joué en plein air sur un terrain de football. La Fédération internationale de handball amateur est créée en 1928, et une compétition de handball (à onze) est disputée lors des jeux Olympiques de 1936. Supprimé ensuite du programme, le handball (à sept) fait définitivement son retour aux jeux Olympiques en 1972. Les premiers championnats du monde masculins ont lieu en 1938 ; les premiers championnats du monde féminins, en 1957. En 1959, le handball à onze est supprimé et, depuis lors, seul le handball à sept est pratiqué.
La pratique amateur est largement répandue. Le handball est le sport scolaire et universitaire par excellence. Quelque 5 millions de joueurs, représentant plus de 80 pays, sont affiliés à la Fédération internationale. La Fédération française regroupe environ 180 000 licenciés et 3 000 clubs.
Sources : Webencyclo
Toutes les atteintes traumatiques peuvent se rencontrer, la cheville, le genou...etc.
Mais, l'épaule du handbaleur apparaît être la région la plus sollicitée
Les luxations de l'épaule semblent les plus spécifiques de ce sport. Elles peuvent se produire lors de tir contrés, ou par faute de l'adversaire, qui retient le bras du joueur lors d'une frappe.
Mais les luxations de l'épaule sont fréquentes lors de la pratique de nombreux sports, le rugby, le judo, le football ...etc.
L'épaule pourra être, également, soumise à :
Les luxations de l'épaule ( de l'articulation omo-humérale )
Rappel anatomique
Les structures en présence :
- le gril costal
- le sternum, partie antérieure du gril costal
- l'omoplate à la partie postérieure du gril costal
- la clavicule qui unie le sternum et l'omoplate, plus précisément une apophyse de l'omoplate qui se nomme l'acromion.
- l'humérus qui s'articule avec l'omoplate au niveau de la glène ( ou surface glènoidienne, située sur le bord externe de l'omoplate ).

Voyons l'omoplate, de plus près :
- Situé à la face postérieure du gril costal, entouré et fixé par de nombreux muscles, il présente des mouvements de glissements sur la face postérieure du gril costal.
- En arrière, il présente une apophyse osseuse : l'acromion qui se dirige en avant, pour donner, avec la clavicule, l'articulation acromio-claviculaire.
- En avant, il se trouve une petite apophyse osseuse : la coracoïde, où vient se fixer le biceps bracchial.
- Sur le bord externe de l'omoplate, la cavité glènoïde entre en contact avec la surface articulaire de l'humérus pour donner l'articulation omo-humérale.
- la surface de la glène est réduite
- cette surface est augmentée, grâce à une formation cartilagineuse à sa périphérie : c'est le bourrelet glénoïdien.

- Entre l'acromion et la coracoïde, le ligament acromio-coracoïdien délimite un genre de tunnel inextensible ++ qui sert de voie de passage d'un muscle : le sus-épineux , et cette configuration anatomique pourra être à l'origine d'un syndrome douloureux de l'épaule. Voyons une vue postérieure de l'omoplate pour schématiser le trajet de ce muscle.
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Le muscle Sus-épineux est le muscle principal de l'abduction de l'épaule, c'est à dire de l'élévation latérale du bras. Son tendon se termine sur la partie supérieure de la tête de l'humérus, où il forme avec les deux muscles rotateurs externe de l'épaule (le Sous-épineux et le Petit rond), la coiffe des rotateurs.
Les différentes articulations de l'épaule.
- L'articulation omo-humérale, très mobile, unit l'omoplate à la tête de l'humérus (c'est-elle qui nous intéresse, ici).
- Les articulations, acromio-claviculaire et sterno-claviculaire, sont douées de peu de mobilité. Elles ont un rôle de stabilisation de l'ensemble de l'épaule.
- Bien qu'il ne soit possible de parler d'articulation, les mouvements de glissement de l'omoplate en arrière du gril costal sont très utiles. Ils permettent d'orienter et de mettre en bonne situation l'articulation omo-humérale.

Les moyens d'union de l'articulation omo-humérale.
- Les muscles qui entourent l'articulation, et notamment les muscles postérieurs, ainsi que ceux de la coiffe des rotateurs comme le Sus-épineux (voir schéma).
- Mais , c'est surtout deux formations qui vont avoir un rôle majeure dans la stabilité de cette articulation; il s'agit du bourrelet glènoïdien et de la capsule articulaire.
- Le bourrelet glènoïdien est une sorte d'anneau cartilagineux, qui augmente la surface articulaire de la glène de l'omoplate, constituant, ainsi, un véritable "garde-fou" pour la tête de l'humérus.
- La capsule est un manchon fibreux qui entoure l'articulation.
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Manifestations de la luxation omo-humérale.
La luxation de l'épaule représente la perte de congruence, suite à un traumatisme, entre la surface articulaire de la tête de l'humérus et la cavité glènoïde de l'omoplate. La tête de l'humérus vient se plaquer en avant du gril costal.

Les conséquences en sont :
- une rupture partiel du bourrelet glènoïdien.
- une déchirure en avant de la capsule.
Les signes cliniques de la luxation omo-humérale.
- douleur
- impotence
- le sujet se présente dans la position du "blessé du membre supérieur" : légèrement voûté, se tenant le membre atteint.
- le signe du "coup de hache", témoin extérieur du déplacement de la tête humérale.
Le traitement.
La réduction immédiate, sur le terrain, de la luxation est possible, mais beaucoup pensent qu'il est préférable de l'éviter en raison de l'aggravation des lésions qu'elle peut engendrer.
La réduction se fera donc à l'hôpital, sous anesthésie générale de courte durée, cette dernière en relâchant le tonus musculaire permet une réduction plus douce et non douloureuse.
Après la réduction, il sera mis en place une contention en coton élastique type "Dujarrier" durant 3 semaines.
Ensuite vient la période de la rééducation, et la reprise sportive au 2ième-3ième mois.
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Mais, bien souvent, la consolidation ne sera pas parfaite :
- la capsule restera lâche en avant.
- le bourrelet se soude en position non fonctionnelle, et ne fera plus office de "garde fou".
Ceci entraînera :
- une instabilité douloureuse de l'épaule.
- au pire, des récidives de luxations pour des traumatismes mineurs.
Par exemple, dans le cas du handball, le geste de "l'armé" sera douloureux et pour le moindre tir contré l'épaule aura tendance à "partir".
Dans ces cas, l'opération chirurgicale devient nécessaire.
Parfois, et même souvent chez un sportif, la chirurgie sera décidée d'emblée. Elle sera suivie d'une immobilisation par contention de Dujarrier, puis de 10 semaines de rééducation et la reprise sportive se fera vers le 4ième mois.
(Voir anatomie et luxation de l'épaule)
C'est le cas typique lors des sports de "lancers" comme le handball, ou encore le javelot, le volley-ball, le tennis...
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La répétition, au fil des années, du geste "nocif" du lancer, va engendrer, en avant de l'articulation :
- des lésions du bourrelet glénoïdien.
- une distension de la capsule.
Ainsi, certains sportifs, pratiquant de tels sports, âgés de moins de 30 ans, se plaignent de :
- douleurs.
- "dérangements" à type d'instabilité.
- diminution de force et/ou d'efficacité dans le geste du lancer.
Le traitement repose, dans un premier temps, sur la rééducation, pour tenter de "rabaisser" et stabiliser la tête de l'humérus, mais aussi de "reprogrammer" le geste sportif. Cette rééducation est difficile, à assimiler, pour le sportif, et doit se faire avec l'aide de l'entraîneur ( pour la correction du geste ).
Les résultats ne sont pas, toujours, au rendez-vous, et il faut alors se résoudre à la chirurgie de stabilisation de l'épaule.
(Voir anatomie et luxation de l'épaule)
Le "conflit" sous-acromial met en présence le muscle Sus-épineux et son défilé étroit entre l'acromion en arrière, la coracoïde en avant et le ligament acromio-coracoïdien en haut.(revoir les schémas ci-dessus)
Le Sus-épineux joue un rôle essentiel de centreur actif de la tête humérale lors des mouvements d'abduction. Sans le Sus-épineux, la tête humérale viendrait buter sur l'auvent acromio-coracoïdien, de par la traction exercée vers le haut, du muscle Deltoïde.
Dissection d'une épaule : vue de face. Lors des mouvements d'abduction, le sus-épineux voit son défilé se réduire, et il tend à venir "frotter" sur le bord antérieur, tranchant, du ligament acromio-coracoïdien.
La répétition de ces mouvements entraîne des microtraumatismes et une dégénérescence fibreuse du Sus-épineux.
Il va s'installer au fil du temps un cercle vicieux :
- une atteint dégénérative du Sus-épineux.
- ce dernier ne fait plus correctement son travail de centreur actif de la tête humérale.
- ainsi, la tête humérale ira, plus facilement, buter sur l'auvent acromio-coracoïdien, ce qui augmente le conflit.
- et donc, les lésions du muscle Sus-épineux s'aggravent.
Les signes cliniques du conflit.
L'évolution se fait en deux, voire trois temps.
- La première époque est celle des tendinites de l'épaule.
- Puis vient celle de la dégénérescence de la coiffe des rotateurs (dont fait partie le Sus-épineux ), c'est la phase des tendinopathies chroniques.
- Dans un troisième temps, l'évolution peut se faire vers une rupture de coiffe des rotateurs, qui relèvera de la chirurgie.
Tendinites de l'épaule.
Après un effort, un excès d'entraînement, une répétition de gestes, forcés, mal effectués...etc, il apparaît le soir, le lendemain :
- une douleur, à recrudescence nocturne, de la partie antérieure de l'épaule, irradiant dans le haut du bras.
- l'élévation du bras est douloureuse, surtout en approchant de l'horizontal.
Le traitement repose sur :
- un arrêt sportif de 10 à 15 jours,
- de la glace,
- des anti-inflammatoires, de la mésothérapie éventuellement, de l'homéopathie pour certains...,
- 20 séances de kinésithérapie, afin d'essayer de libérer, de redonner de l'espace, au défilé sous-acromio-coracoïdien.
- l'infiltration d'un dérivé cortisoné est remarquable d'efficacité, mais elle tend à fragiliser les tendons, il ne faut pas en abuser.
Les tendinopathies.
Le sportif est plus âgé, 30 à 40 ans, les douleurs sont plus chroniques.
Le traitement est comparable :
- le repos sportif sera plus long, 6 semaines environ.
- associé à des anti-inflammatoires, mésothérapie...etc.
- une infiltration, éventuellement.
- 3 mois de kinésithérapie.
En cas d'échec du traitement, il faut pratiquer une IRM, qui permettra de faire un état des lieux.
En fonction des résultats de l'IRM, on pourra réaliser sous arthroscopie une résection du ligament acromio-coracoïdien. Ce geste chirurgical libère de l'espace pour le Sus-épineux, les résultats sont bons, ils devront être complétés par de nouvelles séances de kinésithérapie.
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