C'est en 1823 que William Webb Ellis, élève du collège de RUGBY ( Warwickshire ), eut "l'idée" de prendre le ballon avec les mains au cours d'un match de football et de l'amener ainsi dans le but adverse.
Le rugby était né.
En fait, les premières règles sont édictées en 1846 et précisées en 1871 par la Rugby Football Union. L'engouement pour ce nouveau sport gagne l'ensemble de l'Empire britannique.
Apparu en France en 1872, par le truchement d'étudiants anglais du Havre, le rugby y est admis comme sport à part entière en 1890. Organisé dès 1892, le premier championnat de France oppose en finale le Racing Club de France au Stade français.
Sources : Webencyclo
Le rugby est un sport dit "de contact", et à ce titre générateur de nombreuses blessures: la tête, le cou, l'épaule, les genoux, rien n'est épargné.
Nous allons nous limiter à une approche des entorses acromio-claviculaires, de l'otohématome et des traumatismes du rachis cervical.
Les entorses acromio-claviculaires.
Un peu d'anatomie, de l'épaule.
Les structures en présence :
- le gril costal
- le sternum, partie antérieure du gril costal
- l'omoplate à la partie postérieure du gril costal
- la clavicule qui unie le sternum et l'omoplate, plus précisément une apophyse de l'omoplate qui se nomme l'acromion.
- l'humérus qui s'articule avec l'omoplate au niveau de la glène ( ou surface glènoidienne, située sur le bord externe de l'omoplate ).

Voyons l'omoplate, de plus près :
- Situé à la face postérieure du gril costal, entouré et fixé par de nombreux muscles, il présente des mouvements de glissements sur la face postérieure du gril costal.
- En arrière, il présente une apophyse osseuse : l'acromion qui se dirige en avant, pour donner, avec la clavicule, l'articulation acromio-claviculaire.
- En avant, il se trouve une petite apophyse osseuse : la coracoïde, où vient se fixer le biceps bracchial.
- Entre l'acromion et la coracoïde, le ligament acromio-coracoïdien délimite un genre de tunnel inextensible ++ ( voie de passage d'un muscle : le sus-épineux ), et cette configuration anatomique pourra être à l'origine d'un syndrome douloureux de l'épaule.
- Sur le bord externe de l'omoplate, la cavité glènoïde entre en contact avec la surface articulaire de l'humérus pour donner l'articulation omo-humérale.
- la surface de la glène est réduite
- cette surface est augmentée, grâce à une formation cartilagineuse à sa périphérie : c'est le bourrelet glénoïdien.

Les différentes articulations de l'épaule.
- L'articulation omo-humérale, très mobile.
- Les articulations, acromio-claviculaire et sterno-claviculaire, sont douées de peu de mobilité. Elles ont un rôle de stabilisation de l'ensemble de l'épaule.
- Bien qu'il ne soit possible de parler d'articulation, les mouvements de glissement de l'omoplate sont très utiles. Ils permettent d'orienter et de mettre en bonne situation l'articulation omo-humérale.

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Les moyens, d'union et de stabilité, de cette articulation.
La stabilité passive
- L'emboîtement des surfaces articulaires est inexistant entre la clavicule et l'acromion.
- La capsule et les ligaments acromio-claviculaires.
- Les ligaments coraco-claviculaires, à distance de l'articulation.
La stabilité active.
- Peu importante.
- De plus, il faut noter, l'effet contraire du muscle Trapèze qui "tire" la clavicule vers le haut.

Les circonstances de l'accident.
Outre le rugby, de nombreux sports sont en cause.
Le mécanisme lésionnel retrouvé est, très souvent, une chute avant ou latérale sur le bras en extension. Ceci crée une force "en piston" sur l'articulation.
Les différents stades lésionnels.
Il est possible de classer les entorses acromio-claviculaires, en fonction de leur gravité, grâce à l'examen clinique et la radiographie.
Le stade I
C'est le stade de l'entorse bénigne, où il existe une simple distension des ligaments.
La douleur localisée, à la pointe de l'épaule, est accrue par les mouvements du bras, obligeant, le plus souvent, le sportif à interrompre le match.

Le traitement repose sur :
- un repos de trois semaines.
- des anti-inflammatoires les premiers jours.
- un strapping de maintien.
Le stade II
Il existe une rupture du ligament acromio-claviculaire, donnant une disjonction de l'articulation, la clavicule est amenée vers le haut par l'action du Trapèze.

En plus de la douleur, il existe le signe de "la touche de piano", c'est à dire une déformation vers le haut de la pointe de la clavicule, déformation qu'il est possible de réduire par une pression à son niveau.

Le traitement sera fonction du bilan radiographique.
- Si le décalage se réduit spontanément sur la radiographie de face lorsque le sujet élève son bras en abduction, le traitement restera orthopédique, strapping et arrêt sportif de 45 jours.
- Si cette réduction n'apparaît pas, il est souvent envisagé un traitement chirurgical, d'autant plus que le sujet est sportif.
Stade III
Il existe une rupture complète du système ligamentaire, les ligaments coraco-claviculaires sont atteints.
Il est licite de considérer ce stade, comme une véritable luxation acromio-claviculaire.
L'instabilité est grande, la réduction en abduction n'est pas obtenue, le traitement sera chirurgical.

Le traitement chirurgical ( à venir )
L'otohématome.
Il s'agit d'un hématome ( saignement ) qui se produit au niveau du pavillon de l'oreille.
Ce saignement, situé entre le cartilage et la peau du pavillon, est consécutif à des traumatismes de "frottement" au niveau de l'oreille.
Mal soigné, cet hématome provoque des lésions de chondrite du cartilage ( inflammation ), qui donneront des séquelles disgracieuses ( oreilles difformes et en "chou fleur" des piliers ).
La prévention repose sur :
- Le port d'un serre tête ou d'un casque.
- La ponction des hématomes susceptibles d'apparaître.
Les traumatismes du rachis cervical.
Même si la fréquence de ces accidents est faible, ils sont susceptibles de laisser des séquelles particulièrement graves et peuvent même, entraîner la mort.
La prévention de ces accidents est possible. Il existe deux grandes causes dont la principale est l'effondrement de la mêlée (8 sur 21), viennent ensuite les placages avec flexion brutale sur un obstacle osseux (7 fois sur 21).
Les mouvements susceptibles d'entraîner des lésions de la moelle épinière cervicale sont schématiquement de deux types :
- choc sévère sur le sommet de la tête, habituellement associé à une flexion soudaine et excessive.
- hyperextension brutale de la tête, brusquement poussée en arrière.
Accidents d'hyperftexion
Le blessé présentent une paraplégie ( paralysie des membres inférieurs ) ou une tétraplégie ( paralysie des membres inférieurs associée aux membres supérieurs).
Le transport du blessé dans un service hospitalier spécialisé sera effectué le plus rapidement possible, et cela, par des gens compétents (pompiers, secouristes, médecins...etc).
En effet, toute manipulation intempestive ou inadéquate aggraverait les lésions cervicales. +++
A ce sujet, même en dehors de ces accidents graves, il serait souhaitable, et même "obligatoire", que tout éducateur bénévole ou non, reçoive une formation en secourisme.
Accidents d'hyperextension
Ils seraient habituellement moins graves et plutôt d'origine vasculaire. En effet, l'hyperextension de la colonne cervicale entraîne le plus souvent une paralysie motrice, mais, une conservation de la sensibilité. Ces lésions seraient toujours régressives.
Circonstances de l'accident
Deux grandes catégories interviennent : la mêlée écrasée et le plaquage.
- La mêlée écrasée
L'effondrement volontaire ou non de la mêlée entraîne une chute des premières lignes. Si les piliers expérimentés peuvent rapidement se dégager, le talonneur, lui, est prisonnier puisqu'il est lié à ces deux piliers, que sa tête est habituellement en hyperflexion et lors de l'écrasement de la mêlée le poids de ses partenaires de 2ème et 3ème lignes qui continuent à pousser ou simplement tombent sur lui, accentue cette flexion et provoque des lésions graves.
- Le plaquage
Plusieurs cas sont à distinguer.
- Le plaqueur, suite à une erreur technique ou, au déplacement de son adversaire, heurte avec sa tête, en flexion le plus souvent ou, en extension, une surface osseuse, la hanche, la cuisse, le thorax, etc. Cette flexion ou cette hyperextension sont brusques, excessives et le plaqueur sera la victime de l'accident.
- Le plaquage est parfaitement exécuté mais le plaqué chute, il peut alors subir un traumatisme cervical grave.
- Le plaquage à retardement : le joueur plaqué ne s'attend pas à cette agression et ses muscles en totale décontraction ne permettent pas de bloquer la tête sur les épaules les actes déloyaux, tels que manchettes ou cravates peuvent provoquer des dégâts similaires.
On devine l'importance de la musculation du cou dans la prévention de ces accidents.
La prévention des accidents cervicaux
Les étapes de la prévention :
- Sélection des joueurs : morphologie adaptée aux postes exposés. Les sujets qui ont un cou long et mince ne doivent pas jouer en première ligne. Ils seront déclarés inaptes à ce poste.
- Entraînement du joueur : un joueur en parfaite condition physique est moins exposé.
- La musculation: La musculation est comprise dans les séances d'entraînement où elle est proposée à chaque joueur avec un programme qui lui est propre.
- L'entraîneur devra toujours inclure, et plus particulièrement pour les avants, des exercices de musculation du cou comme cela se pratique depuis de nombreuses année dans le football américain. Les entraîneurs de ce sport insistent sur l'éducation des joueurs qui apprennent à courir, la tête rentrée dans les épaules, la colonne cervicale verrouillée en légère flexion.
- L'expérience : Il faudra donc faire très attention avant d'inclure à ces postes des jeunes inexpérimentés, surtout s'ils doivent être opposés à des joueurs plus aguerris.
- Les fautes : l'application plus stricte des règles du jeu par l'arbitre qui sanctionnera aussi bien l'écrasement de la mêlée que les entrées en bélier ou les plaquages dangereux, permettrait de réduire le nombre et la gravité des accidents.
Conclusion
Si les accidents cervicaux sont important à connaître, pour essayer de mieux les prévenir et en réduire la fréquence, il ne faut pas oublier que le risque d'accident grave reste très modéré puisque qu'au cours de ces dernières années, il y a eu à déplorer 2 décès et 2 paralysies pour 143 886 licenciés.