LES MUSCLES
- les accidents musculaires
- la stabilité de l'articulation
Partons de la représentation classique d'un muscle, un corps musculaire renflé en son milieu qui se poursuit aux extrémités par deux tendons.
![]()
Ce muscle est formé de plusieurs faisceaux (loges) délimités les uns par rapport aux autres par des enveloppes de tissu conjonctif (du tissu fibreux).
![]()
Chaque faisceaux sera subdivisé en logettes par des cloisons de refend de ces enveloppes conjonctives. (zone d'agrandissement).
Au niveau des loges se situe la cellule du muscle : la fibre musculaire . Elément unitaire du muscle ; fine, longue(certaines font la longueur du muscle) ; c'est l'élément contractile du muscle.
![]()
La fibre musculaire encore appelée cellule musculaire est entourée d'une membrane. La membrane peut être comparée à une barrière sélective, empêchant certaines molécules de la traverser et donc de pénétrer dans la cellule.+ +
Entourée d'une enveloppe conjonctive, cette fibre musculaire est formée de myofibrilles ; eux mêmes constitués des myofilaments d'actine et la myosine. C'est au niveau de ces deux protéines ( actine et myosine ) que se font les réactions chimiques de la contraction musculaire en présence d'ions de calcium et d'un fournisseur d'énergie ( l'ATP ou adénosine triphosphate ).
Nous avons vu que du plus petit au plus grand tous ces éléments sont entourés d'enveloppes conjonctives (fibreuses) plus ou moins fines. Toutes ces enveloppes vont se fondre les unes dans les autres, des plus fines au plus épaisses pour ne former qu'une à l'extrémité du muscle et donner ainsi un tendon.
Nous voyons là un système de soutien du muscle, une armature conjonctive qui permet la transmission de la force contractile du muscle au tendon. Cette configuration permet de concentrer la force, sans la gaspiller, vers le tendon.(schématisation de cette armature)
![]()
Par exemple si nous tirons sur une corde nous allons déplacer un objet, mais si nous remplaçons cette corde par un élastique la force est absorbée par l'élastique et l'objet ne bouge pas.
+++ Ainsi, si les anabolisants favorisent le développement de la fibre musculaire, ils fragilisent cette armature conjonctive.
Il ne faut pas , dés lors, s'étonner de voir apparaître des tendinites chroniques, des claquages sévères ou des ruptures tendineuses chez certains sportifs.
Nous pouvons maintenant définir les différents stades d'un accident musculaire.
La contracture musculaire est le reflet d'un excès de travail d'un faisceau musculaire sans atteinte anatomique de la fibre. Mais il s'agit là, d'un avertissement, le muscle est fatigué, et "il le dit" à sa façon.
Le sportif a besoin de repos, sinon il s'expose à une aggravation et une évolution vers le claquage.
L'élongation musculaire représente une déchirure de quelques fibres musculaires et doit être considérée comme telle pour ne pas s'aggraver.
La déchirure musculaire (claquage) est grave à gravissime ; de la déchirure de nombreuses fibres à la déchirure des enveloppes conjonctives.
En effet l'atteinte de cette armature de soutien risque de compromettre l'avenir du sportif même après un traitement correct, même après chirurgie réparatrice de ces enveloppes dont les résultats ne sont pas toujours satisfaisants.
Signalons ici l'impact néfaste du dopage et notamment des anabolisants qui augmentent la force de la fibre musculaire mais fragilisent énormément ces enveloppes conjonctives. Ne soyons pas surpris d'observer, dans certains sports une fréquence accrue de déchirures musculaires graves voir des ruptures de tendons.
Les tendons et leurs récepteurs :
Il existe au niveau des tendons, mais aussi de la capsule ( membrane fibreuse entourant l'articulation comme un manchon ) et des ligaments, des structures particulières appelées récepteurs qui ont un rôle d'information de notre cerveau.
Ces récepteurs enregistrent ainsi l'état de tension des muscles, la mise en tension d'un ligament ou encore la position d'une articulation …etc.
Ces informations sont amenées par des nerfs au cerveau ; ce dernier analyse l'information et adapte des mesures qui s'imposent. Par exemple la contraction réflexe d'un muscle pour soulager un ligament, une articulation.
De même, grâce à ce système de renseignements, nous connaissons la position de notre corps dans l'espace.
C'est cela que nous appelons: les réflexes propioceptifs.
Ils sont essentiels dans la stabilité de nos articulations.
Quels sont les éléments qui interviennent dans la stabilité d'une articulation ?
Tout d'abord les éléments passifs, ils subiront les contraintes extérieures, comme par exemple une torsion. Si la contrainte ( torsion ou mouvement forcé ) devient supérieur à leur résistance, il y aura rupture ou fracture. Ils sont au nombre de trois :
- L'emboîtement des surfaces articulaires ou congruence.
- La capsule fibreuse : manchon fibreux qui entoure l'articulation, comme une gaine, et délimite ainsi une cavité articulaire renfermant le liquide synovial.
- Les ligaments.
Mais l'essentiel de la stabilité articulaire repose sur les éléments actifs, c'est à dire les muscles et leurs tendons, et les réflexes proprioceptifs. En effet, grâce à ces mécanismes le muscle peut répondre à une contrainte par une contraction inverse du sens de la contrainte
Prenons l'exemple de la cheville.
Le LLE représente le Ligament Latéral Externe de la cheville.
Le LLI représente le Ligament Latéral Interne
(1) l'astragale
(2) le calcanéum ( talon )
L'emboîtement des surfaces : sur le schéma de face nous voyons bien les deux malléoles qui enserrent l'astragale. Remarquez que la malléole tibiale (interne) est plus courte que celle du péroné. Et nous le savons bien, l'instabilité de la cheville est surtout externe : c'est la classique entorse externe de la cheville, par varus forcé, avec atteinte du ligament latéral externe. Alors que le mouvement forcé contraire ( c'est à dire le valgus ) donnera plutôt des fractures de la malléole du péroné.
La capsule articulaire ( que nous reverrons lorsque je traiterai le genou )
Les ligaments externes et internes, forment deux verrous de chaque coté de l'articulation. Alors que le ligament interne est constitué d'un seul faisceau, l'externe en comporte trois ( antérieur, moyen, postérieur). C'est le faisceau antérieur qui est le plus souvent atteint dans une entorse de la cheville.
+++ Les éléments actifs : les deux muscles péroniers latéraux, situés dans une loge antéro-externe de la jambe. Remarquez leurs tendons qui cravatent l'articulation en passant derrière la malléole du péroné.
![]()
Le réflexe proprioceptif au niveau de la cheville
- les ligaments renferment des récepteurs sensibles à la tension.
- si le ligament externe enregistre une hypertension à son niveau ( par exemple un début de mouvement forcé ), les récepteurs renseignent notre système nerveux et ce dernier commandera une contraction réflexe des muscles péroniers latéraux.
- cette contraction retendra les tendons des muscles permettant ainsi un verrouillage du compartiment externe de l'articulation.
J'aime beaucoup appelé cela : " l'intelligence de l'articulation".
La bonne qualité de ce réflexe dépend :
- de l'entraînement ( le réflexe est habitué à fonctionner), et oui, un sportif à cours d'entraînement est menacé par la blessure.
- de la bonne qualité des ligaments ( entorse mal soignées, et qui ont tendance à récidiver ).
- De la vitesse d'exécution du réflexe ( vitesse de l'influx nerveux pour aller vers les centres nerveux et pour revenir vers le muscle ). Si cette transmission est perturbée, comme par exemple par des soucis personnels, le sportif aura un risque plus grand de blessure.( son 'cerveau' est occupé ailleurs , il 'exécute' mal le réflexe proprioceptif).
Dernier point, il existe des réflexes identiques au niveau du muscle. Ils permettent en cas de traction excessive, un relâchement de ce dernier, le protégeant de la déchirure.
Lorsque ces réflexes sont 'dépassés', il y aura blessure ( entorse, déchirure,...).